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Des fleurs dans un temple

Des fleurs dans un temple

Je suis rentrée en France il y a trois semaines. J’ai découvert Paris, la France, ma vie d’avant l’Inde avec des yeux différents, des yeux d’étrangère parfois.

Première impression: Il y a des femmes partout: dans la rue, dans les transports, en soirée, dans les bureaux, dans les bars, partout!

Ensuite, je suis un peu perdue et surprise de voir que 10 mois à Ahmedabad ont changé toutes mes habitudes. Marcher pieds nus ou en tongs, chercher le robinet d’eau potable dans la cuisine, penser à allumer l’eau chaude avant de prendre ma douche, traverser la rue sans penser à chercher un passage piéton, la couleur du feu n’importe peu. Sourire aux gens dans la rue, dire bonjour. Remettre des vêtements d’hiver, retrouver la pluie – une pluie fine!Me surprendre à dévisager les gens dans la rue, comme j’étais dévisagée en Inde et comme j’avais pris l’habitude de le faire. Trouver que les rues sont silencieuses et vides. Me dire qu’il manque du piment dans la nourriture. Oublier que les RER s’arrêtent le soir. Partir avec 5 euros dans la poche, sans carte bleue. Manipuler les billets comme s’ils avaient peu de valeur. Ne pas m’inquiéter des transports « je prendrais un ricksaw ». M’asseoir par terre tout le temps. Enlever mes chaussures sans arrêt. Remettre des vêtements noirs et sombres. Ne plus entendre de la musique Bollywood. Ne plus être un objet de curiosité partout où je passe. Me demander pourquoi personne ne fais la sieste par terre pendant l’après-midi. Ne plus pouvoir boire du chai au coin de la rue. Me perdre dans Paris sur des chemins pourtant autrefois familier. Ne plus pouvoir m’inviter chez les gens à l’improviste. Ne plus avoir de visite inattendue. Avoir l’impression que les gens sont très occupés et ont moins le temps de discuter. Un grand sentiment de confort (même l’atmosphère est climatisée à Paris 😉 ), de facilité. Tellement de choses ne semblent pas vraiment indispensable. C’est étrange de ne plus être une minorité. La blague de l’alerte à la pollution alors que Paris est tellement moins pollué qu’Ahmedabad ou Calcutta. L’impression que la France est dépourvue de rituels et de mythologie. La surprise de ne pas voir des temples à chaque intersection.

les chameaux, un de mes détails préférés dans les rues indiennes

les chameaux, un de mes détails préférés dans les rues indiennes

Mon regard sur la pauvreté à Paris a changé. Il faudrait y consacrer un article pour bien l’expliquer.

Je me sens tellement proche de toutes les personnes d’origine indienne que je vois partout, le plongeur dans le restaurant ce soir par exemple. J’ai envie d’aller m’asseoir avec eux et de partager un chai.

Ahmedabad c’est 6 millions d’habitants. Soudain Paris me semble minuscule. La surprise de croiser de gens que je connais dans les rues. La surprise de voir que peu de choses ont changé. Je ne pensais vraiment pas que 10 mois feraient une telle différence dans mon regard.

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