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Je suis arrivée en Inde. Pas le choix, je me suis adaptée à tout: changer mon style vestimentaire, changer mon rythme de sommeil, changer ma nourriture, changer mon humour, changer ma façon de m’amuser, changer le sport que je fais, changer la langue dans laquelle je vis, partager la nourriture, attendre tout le temps que tout le monde soit prêt, accueillir sans arrêt…

Vous me direz « pouquoi tant d’adaptations? ». Il n’y a pas le choix, tous mes amis sont indiens. Si je leur dis « aller, on va se promener », ils préfèrent aller boire un thé. Etre la minorité impose de s’adapter.

Au début cela ne me pesait pas. Et puis petit à petit c’est revenu. Je rêvais de salade verte, d’indépendance, j’ai arrêté de porter des vêtements indiens. Et là j’ai découvert ma culture, ce sur quoi je ne peux pas faire de compromis à long-terme.

Pour moi qu’est-ce que la culture? C’est ce qui est caché au fond de nous et qui définit notre standard de normalité, c’est ce que nous ne pouvons pas changer. Je suis française, de culture chrétienne, j’aime le libre-arbitre et la rationnalité, les légumes verts, le sport, j’ai besoin de dormir avant 3h du matin, j’aime être seule de temps en temps. Cela ne changera pas.

mon beau sari pour le mariage

mon beau sari pour le mariage

Rencontrer une autre culture, c’est aller tout au fond. Prendre le temps de se poser pour écouter et observer. La culture indienne ce n’est pas seulement la religion hindoue, le système des castes et les mariages arrangés.

A chaque image que vous pouvez me proposer sur l’Inde, je peux vous proposer l’inverse. La tolérance? les conflits religieux et le situation de la communauté musulmane. La nourriture épicée? celle du Ladhak ne l’est pas tant que cela. Le yoga? peu pratiqué par les jeunes. Les mariages arrangés? il y a des mariages d’amour aussi. L’extrême pauvreté? j’ai vu l’extreme richesse. (J’avais des chaussures à 5 euros quand tout le monde avec des Jimmy Choo).

Je crois que pour pouvoir sentir les différences et les apprécier, il faut déjà bien connaître sa propose culture. Et ensuite découvrir celle de l’autre, cela a un coût, cela fait mal. Je défie quiquonque me disant « adorer la nourriture indienne » d’en manger non-stop pendant 8 mois avec le même enthousiasme. De fait, à un certain point, pour vraiment la découvrir, il faut laisser la sienne de côté. Pas facile.

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