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Bien sûr, si c’est une personne RH qui me pose la question en entretien, je vais donner de belles raisons, construites, argumentées, logiques… Dans ma lettre de motivation il y avait de belles raisons aussi. Sur le papier qui m’a servi à choisir, il y avait trois gros points:

  • Mon expérience en échange était ce qui m’avait le plus plu de ma scolarité à HEC (avec l’aviron et les conférences). Autant continuer à l’international
  • Découvrir le social business dans un pays qui a un point de vue si différent
  • Le processus « Placement » pour trouver un emploi en Inde est très performant.

Finalement:

  • 10 mois au même endroit, c’est bien différent d’un échange
  • Le social business, pour l’instant, surtout pas en Inde. J’ai même failli ne pas valider mon cours de social business à cause d’une histoire d’ego avec le prof.
  • Le placement, ce n’est pas du tout adapté à la mentalité d’une jeune diplômée française, et puis la question de savoir si je veux rester en Inde est encore trop floue.

Alors, aurais-je dû rester en France? Est-ce que je regrette ma décision?

Certes, mon addiction à Subway (c’est la nourriture la plus occidentalisée la plus accessible) pourrait vous faire croire que oui. Quand on me dit « je ne pourrais pas l’Inde, je ne supporte pas la chaleur, ni le piment rouge ». Moi non plus. En vrai je développe une insensibilité progressive au piment, mais c’est une autre histoire. Je redoute le retour de l’été dans quelques semaines (car oui, en ce moment, je grelotte, on arrive presque au 20°C).

En vrai, non je ne regrette pas. Il y a des décisions qui impliquent trop de conséquences et de paramètres inconnus pour pouvoir être prises rationnellement. J’ai choisi d’aller en Inde car quand en première année à HEC j’ai lu le communiqué de presse sur la création du Double-Diplôme je me suis dit « c’est cool ». J’ai simplement suivi mon inspiration.

Mon cours de Neurosciences dit que plus de 70% de nos décisions sont prises de façon inconsciente et que parmi les 30% restantes, le rôle des émotions ne fait pas obstacle à la raison mais y contribue.

Maintenant j’assume. Je suis partie en Inde sur un coup de coeur supporté par un argumentaire construit a posteriori. Coup de coeur, non pas que je connaisse l’Inde avant de partir, ni même la culture indienne. J’étais curieuse. Je voulais vivre quelque chose.

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